L'avis d'un pédopsychiâtre au sujet de notre jeunesse...

 

L'ensemble de la communauté éducative de l'école Marie Rivier (direction, enseignants, parents, gestionnaires) ont invité le Docteur Hubert Tonnelier, médecin pédo-psychiâtre, pour débattre sur le thème de la jeunesse. Le bouillonnement d'idées était perceptible.

 

« L'éducation au bonheur, à l'épanouissement personnel et à la confiance... une inaccessible étoile ?»

 

A cette question le spécialiste répond que nous devons conserver notre optimisme, et continuer de croire en notre idéal, mais que la société a évolué et que le chemin qui mène au bonheur est perçu aujourd'hui d'une manière totalement différente par rapport aux générations précédentes.

 

Actuellement, les jeunes attendent un résultat immédiat quand ils veulent quelque chose. Nous devons leur montrer que des étapes sont incontournables, que l'on ne peut pas tout obtenir dans l'instant et que dans le meilleur des cas des efforts sont nécessaires pour y parvenir.

 

La notion de manque est fondatrice dans la construction de l'individu. Une personne à qui l'on accorde tout ce qu'elle demande ne peut pas s'intégrer dans la société. On l'expose ainsi à un isolement progressif car elle ne comprendra pas les échecs et les refus et se positionnera dans un affrontement perpétuel qui la conduira au repli sur soi et à la haine envers celui ou celle qui a le pouvoir de décision.

 

Comment aider nos jeunes à grandir aujourd'hui, à trouver leur place et à écrire sereinement leur propre histoire dans un monde fort chamboulé au sein duquel l'adulte, lui-même, perd ses repères ?

 

« Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort .» (François Mitterrand)

 

Il s'agit en effet d'être à la fois à l'écoute mais de rester strict et exigeant avec les jeunes. Nous devons croire en eux mais nous avons aussi le devoir de corriger leur trajectoire quand celle-ci emprunte des chemins de traverse.

 

L'adulte référent (le parent, l'enseignant...) ne doit laisser aucun espace à la toute puissance de l'enfant. Sinon il s'expose à être délogé de toute place d'autorité et à être déligitimé dans son pouvoir.

 

Sans figure d'altérité, le fonctionnement d'un groupe d'individus est fondé sur la destruction de tout ce qui vient de l'extérieur.

 

L'adulte doit montrer la direction, il doit accompagner et valoriser l'enfant dans son cheminement. Cela limite les exigences de son égo au nom d'un intérêt supérieur.

 

« Il existe deux puissances en nous : celles des passions et celle de la raison. La sagesse consiste à faire fléchir la volonté des premières devant l'autorité de la seconde. » (Félix Bogaerts)

 

Quelle est la place de l'école et de la famille dans ce projet fondamental ? »

« L'éducation est plus qu'un métier, c'est une mission qui consiste à aider chaque personne à reconnaître ce qu'elle a d'irremplaçable et d'unique afin qu'elle grandisse et s'épanouisse. » (Jean-Paul II)

 

 

On ne peut pas éduquer ou tout simplement communiquer de manière constructive avec un individu quel qu'il soit si on ne lui témoigne pas du respect ou toute autre forme d'intérêt. On doit prouver à l'autre qu'il existe et qu'il a une valeur à nos yeux. Nous ne sommes pas dans la relation de l'homme à l'objet.

 

Parents et autres éducateurs doivent occuper une place essentielle. Ils ne doivent pas fuir leurs responsabilités ! Il faut maintenir le cap... celui de l'autorité, celui qui détient la décision finale. Les parents ne doivent pas prouver l'amour qu'ils portent à leur(s) enfant(s) en acceptant tous ses(leurs) désirs.

 

La place du supérieur hiérarchique est fondamentale. Celui-ci(celle-ci) fixe les limites et définit les manques : «On ne peut pas tout avoir !» L'enfant deviendra ainsi capable de formuler une demande (au lieu de l'exiger) en acceptant que cette demande ne soit pas forcément exaucée.

 

Au cours de la soirée, les élèves de CM2 de JF Moulin ont proposé deux pauses musicales avec l'interprétation des chansons : « En sortant de l'école » (Jacques Prévert) et « Demain je dors jusqu'à midi » (Jean Nohain).

 

Louis Roujon, Retraité de l'hôpital de Saint Alban et Président de l'école de foot de Chanac, a lu un texte du Général Douglas Mac Arthur sur la jeunesse (ce texte a été dédicacé à la mémoire de M. Lucien Plas) : « Vous êtes aussi jeune que votre foi, aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous même. Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement...La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit...»

 

Le mot de la fin est revenu au docteur Tonnelier : « Une société où la légitimité de la parole de l'adulte n'est plus reconnue est une société qui abandonne ses valeurs et ses repères. Parents, éduquons nos enfants au respect des règles, au renoncement du désir immédiat. Ils prendront ainsi toute leur place dans la société et sauront vraiment ce que le verbe désirer signifie. Ils prendront conscience des contraintes et du chemin qu'il leur reste à parcourir pour atteindre leur rêve».

 

NOS CONVICTIONS

 

NOS CONVICTIONS SONT CELLES DU PAPE JEAN FRANÇOIS